Dominique Digeon - les échecs - série des parties peintes fluides

Les fabuleuses combinaisons de Dominique Digeon par Nathalie Bardou in Europe Echecs

Les bocaux de pigments de couleurs s'affichent en maîtres sur l'étagère au dessus de la table de travail. Entre les papiers, les collages, s'expose un échiquier électronique. Il est 12 h 30 dans l'atelier d'artiste-peintre de Dominique Digeon. Toile de fond de ses oeuvres, les Echecs se sont promus au rang de chef d'orchestre dans la mélodie de son inspiration .A cette heure de la journée, à travers le monde, les issues finales de parties sont incalculables. Et pourtant chez Dominique Digeon, elles se dénombrent soigneusement. Pour preuve, son ouvrage édité en 1999 dans lequel apparaissent les parties mythiques de Kasparov contre Deeper Blue en 1997 et plus récemment celles de Napoléon contre l'automate qu'il a mis en scène sur la toile et présentées lors de sa dernière exposition à la gallerie Oudin en juin à Paris. Dans la lignée d'un Man Ray ou d'un Marcel Duchamps, Dominique Digeon peint, dessine, grave, et colle sur le thème des Echecs. Une partie au nom mythique, comme"l'Immortelle" (Anderssen-Kiersetsky-Londres,1851) ou encore celles de Kasparov, le pretexte est tout trouvé pour ce novice des variantes qui retranscrit sur la toile le parcours des pièces. De ses débuts où il exprimait la "mémoire de la surface", traînées confuses de déplacements de pièces, l'artiste est passé à une recomposition complexe des parties. Le support carré sur lequel il travail est toujours comblé d'un échiquier en fond. Les joueurs n'apparaissent quasiment jamais de même que les pièces en perspectives. A ces dernières, l'artiste leur a préféré une nouvelle forme inspirée du déplacement des figures sur l'échiquier. Une innovation qu'il a déposé à L'Inpi (Institut nationale de la propriété industrielle).Cette vision du jeu d'Echecs à distance prive cependant ces oeuvres de mise en scène.Pas de moments forts dans ses "parties peintes" mais une succession de coups sans liens temporels. "Je ne cherche pas à faire de l'illustration mais de l'art", répond ce dernier.Un style particulier pour cet homme qui ne s'est jamais cantonné à un seul. La peinture, il l'a découvre à 11 ans. En 1993, il obtient le prix Pierre Cardin de l'Institut de France, Académie des Beaux Arts de Paris. Agrégé d'Arts Plastiques en 1994. De temps à autres, les Echecs entrent dans sa classe pour devenir le support d'un travail sur la perspective. Dominique Digeon découvre les Echecs presque en même temps que la peinture. En 1991, il répond à une commande d'affiche pour illustrer le championnat de France. Son oeuvre ne sera pas sélectionnée mais ce travail lui ouvre les portes sur une nouvelle source d'inspiration. "Les Echecs sont comme un fil d'Ariane pour moi", résume-t-il. Il y récupèrera certains éléments qui stucturent aujourd'hui ses autres oeuvres.

Immortelle aux trois L
caséine et encre sur papiers marouflées sur toile 200x200cm

Fluide Immortelle
caséine sur toile 100x100cm

Paris
acrylique et papiers sur toile 200x200cm

Immortelle cadrée
acrylique sur toile 200x200cm

Londres
acrylique sur toile 200x200cm

© Dominique DIGEON